Points clés
- Les erreurs dans l'intégration des dispositifs médicaux connectés au réseau hospitalier sont documentées et récurrentes dans les audits de sécurité IoMT.
- Les plus fréquentes incluent la connexion sur des segments réseau non isolés, les identifiants par défaut non modifiés, l'absence d'inventaire, et les accès de maintenance non contrôlés.
- Ces erreurs sont souvent le résultat d'un processus d'intégration qui priorise la rapidité de déploiement sur la rigueur de la sécurisation.
- Un processus formel de déploiement sécurisé des équipements IoMT — incluant une checklist de sécurité avant mise en production — prévient la majorité de ces erreurs.
Erreur 1 : connexion sur le réseau hospitalier général
L'erreur la plus fréquente et la plus grave est de connecter des équipements médicaux directement sur le réseau hospitalier général — sans VLAN dédié ni règles de filtrage spécifiques. Cette configuration permet la propagation libre d'un malware du réseau administratif vers les équipements médicaux, ou inversement. La segmentation des équipements médicaux sur un réseau dédié avec des règles de filtrage strictes — autorisant uniquement les flux nécessaires à leur fonctionnement clinique — est la mesure de sécurité fondamentale qui prévient cette propagation.
Erreur 2 : identifiants constructeur non modifiés
De nombreux équipements médicaux sont livrés avec des identifiants d'administration par défaut (admin/admin, root/password) que les établissements ne modifient pas lors du déploiement. Ces identifiants sont documentés dans les manuels des fabricants et dans les bases de vulnérabilités publiques. Un attaquant qui accède au réseau hospitalier peut scanner les équipements médicaux connectés et tenter ces identifiants par défaut. La modification systématique des identifiants d'administration lors du déploiement, avec des mots de passe robustes stockés de manière sécurisée, est une mesure élémentaire trop souvent négligée.
Erreur 3 : absence d'inventaire des dispositifs connectés
L'absence d'un inventaire précis et maintenu des dispositifs médicaux connectés est une lacune fondamentale. Sans inventaire, il est impossible de savoir quels équipements sont connectés au réseau, quels systèmes d'exploitation ils exécutent, quelles sont les versions logicielles en production, ou quels équipements ont des accès internet pour leur maintenance. Cette absence d'inventaire rend impossible toute gestion proactive des vulnérabilités. Des outils de découverte réseau spécialisés IoMT (comme les plateformes Medigate, Claroty ou Armis dans leurs variantes santé) peuvent automatiser la constitution et le maintien de cet inventaire.
Erreur 4 : accès de maintenance fabricant non contrôlés
Les équipements médicaux nécessitent souvent des accès à distance du fabricant pour la maintenance et les mises à jour. Ces accès — via VPN dédié, modem intégré, ou connexion internet directe — sont parfois configurés par le fabricant lors de l'installation et laissés actifs en permanence. Ils représentent un vecteur d'accès externe non géré par l'établissement. Ces accès doivent être documentés, contractuellement encadrés, activés uniquement lors des interventions (pas en permanence), et surveillés pendant leur activation.
Un processus de déploiement sécurisé IoMT
La prévention de ces erreurs passe par un processus formel de déploiement sécurisé applicable à tout nouvel équipement médical connecté. Ce processus comprend : un inventaire de l'équipement avant connexion (modèle, version logicielle, système d'exploitation), une évaluation des vulnérabilités connues sur ces versions, la modification des identifiants par défaut, la configuration du VLAN approprié, la restriction des accès réseau au minimum nécessaire, la documentation des accès de maintenance fabricant, et une validation par la RSSI avant mise en production. Cette checklist, appliquée systématiquement, prévient la grande majorité des erreurs documentées.